L’espoir de juin – Édito NL#24

Enfin, nous avons pu dormir les fenêtres ouvertes. Entendre le bruissement des feuilles dans les arbres, les insectes nocturnes et le chant du vent qui s’invite dans la chambre. Avec lui, un souffle nouveau sur les projets et les idées. Des perspectives en pagaille, qui s’emmêlent aux rideaux, défont les cheveux et propulsent les plans sur des comètes lointaines.

Étourdie par ce renouveau, je reste muette quand on me demande de faire des choix, vite, maintenant. Le soleil est là, la graine pousse. Oui, mais laquelle ? J’arrose où ? Suffisamment ? Puis-je-me faire de l’ombre ? Accroupie dans le jardin, je plonge mes doigts dans la terre pour me souvenir de ce que j’ai semé. Je respire l’herbe tiède que l’on vient de tondre, et je réalise que je ne suis plus seule.

Nous sommes ensemble, connectés. Partout, on se réveille. À sa façon, en étudiant les sciences politiques, en enseignant la communication non violente et la biologie, en défendant les droits du vivant, en militant pour la paix, en organisant des stages de bien-être, en échangeant sur la psychologie humaine, en s’engageant dans un partenariat, sincère. Je peux faire confiance à chacun pour faire sa part, et m’inclure dans le processus. Je suis un maillon de la chaîne, et le simple fait de rester en lien fait partie de ma mission. Trouver une direction seul est une chose, s’oublier pour œuvrer au bien commun en est une autre. Et s’il me semble précieux de cultiver les deux, nous avons le droit de nous reposer uniquement sur l’un ou l’autre pour faire émerger des réponses.

« Que vos choix soient le reflet de vos espoirs et non de vos peurs. »
Nelson Mandela

À fond sur le tracteur-tondeuse, ses lunettes jaunes sur le bout du nez, le jardinier me sourit à pleine dents, faisant naître d’irrésistibles fossettes aux coins de sa bouche.

Je souhaite que l’humanité fasse le choix de se connaître, de s’étudier, de grandir. Pour être plus lucide, plus claire, plus juste. Afin de rétablir une harmonie que tous espèrent, une paix à laquelle chacun aspire. Je choisis d’œuvrer dans ce sens, malgré les incertitudes et la peur. Malgré les concessions, les frustrations, les tentations. Je sais que j’aurai moins de mal à tenir le cap désormais, parce que j’accepte de ne plus être seule, et qu’au fond de mon cœur, avec le mois de juin a germé l’espoir que ce monde soit libre.

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